Paroisse orthodoxe de Châtenay


Paroisse des Saints Pierre et Paul 

fondée en 1984 par le père Michel Evdokimov

Offices suspendus

Voir nos RDV de prière "à distance" 

Textes de circonstance

Saint Nicéphore le lépreux

Nicholas Tsanakakis naît en 1890 dans un village de la montagne de Khania (La Canée, en Crète), nommé Sikari.

Orphelin de père et de mère alors qu’il était encore jeune enfant, son grand père, qui avait entrepris de l’élever, l’emmène à Khania pour apprendre le métier de coiffeur. C’est là qu’il manifeste les premiers signes de la lèpre.


Nicholas avait seize ans lorsque les signes de la maladie devinrent plus manifestes. Pour éviter d’être confiné sur l’île de Spinalonga, où l’on isolait les lépreux, il partit en bateau pour l’Egypte, et resta à Alexandrie, à travailler dans un salon de coiffure.

Les signes devenant de plus en plus apparents, en particulier sur les mains et le visage, il se rend, grâce à l’intervention d’un prêtre orthodoxe, à Chios où il y avait une église pour les lépreux, dont le prêtre était le père Anthime (Vagianos), qui sera glorifié par l’Eglise (fête le 15 février). C’était en 1914, il avait alors vingt quatre ans.


Il y avait, dans l’hôpital des lépreux, une chapelle dédiée à Saint-Lazare où était conservée l’icône miraculeuse de la Mère de Dieu Ypakoï. Il y révéla les vertus de son âme.

En deux ans, saint Anthime l’estima prêt pour le schème angélique, et le tonsura sous le nom de Nicéphore.

La maladie évoluait, provoquant de nombreuses lésions sur son corps. Père Nicéphore, qui avait l’obédience du jardin, priait des heures pendant la nuit en faisant d’innombrables métanies. Doux et ne blessant personne, il était le chantre principal de l’Eglise. Comme il devenait progressivement aveugle, il récitait de mémoire les offices.


La léproserie fut fermée en 1957. Père Nicéphore avait alors soixante sept ans, et, avec les patients restants, il fut envoyé au foyer pour lépreux Agia Barbara d’Athène, à Aigaleo. Ses membres et ses yeux étaient totalement altérés. Le Seigneur lui accorda de nombreux dons en récompense de sa patience et de sa foi, en particulier, le charisme de consoler et de rendre joyeux les autres malades. Le Saint-Esprit lui donna aussi le charisme de discernement. Beaucoup de gens se réunissaient dans l’humble cellule de Père Nicéphore, le lépreux, pour obtenir ses prières. Ils ont rapporté qu’il ne se plaignait jamais de ses plaies ni de ses douleurs, mais faisait preuve d’une grande patience, restant toujours agréable et aimable, et son visage brillait malgré les marques de sa maladie.


Le père Nicéphore rendit son âme à Dieu le 4 janvier 1964, à l’âge de soixante quatorze ans.

Après trois ans, ses reliques furent exhumées et se révélèrent fragrantes, exhalant un parfum ineffable. Depuis, de nombreux miracles se sont produits en demandant l’intercession de Saint Nicéphore auprès de Dieu. Il est canonisé le 3 décembre 2012 par le saint Synode du Patriarcat oecuménique. Il est commémoré le 4 janvier. 


En ce temps de pandémie, Saint Nicéphore le lépreux est apparu récemment en Grèce et a promis : « Tous ceux qui, atteints du coronavirus, s’adresseront à moi avec foi, je les guérirai », comme le rapporte l’Archimandrite Elie (Ragot), higoumène du monastère de la Transfiguration, dans son homélie du dimanche de Saint Grégoire Palamas (15 mars 2020).


(Source : Claude Lopez-Ginisty)


Tropaire (ton 3)


Ô, vénérable Père Nicéphore le lépreux,

Tes luttes et ta courageuse ascèse ont étonné les anges du ciel.

Comme un nouveau Job, dans la douleur,

Tu as enduré ta souffrance et rendu gloire à Dieu.

Et ainsi, Il t’a accordé une couronne resplendissante de miracles.

Réjouis-toi, ô guide des moines,

Réjouis-toi, ô prisme de lumière,

Réjouis-toi, ô fragrance délicieuse qui rayonne de tes reliques.


Kondakion (ton 2)


Ô vénérable Père Nicéphore,

Fuyant la douleur et la corruption corporelle,

Soutien indéfectible des lépreux,

Tel un cheval, tu galopas vers les cieux,

Et ton corps brillait dans sa maladie

Comme un temple de Dieu brillamment éclairé.


Mégalynaire


Tu es une icône vivante de la vertu et semblable par ta patience à Job, ô Père,

tu supportas les afflictions et tu fus agréable à Dieu.

C’est pourquoi, après ton trépas, tes reliques furent fragrantes.


(Traduction de Claude Lopez-Ginisty)

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Parole de consolation au sujet de la pandémie par l'Archimandrite Zacharie, monastère Saint-Jean-Baptiste, Essex

Nombreux sont ceux qui sont dans la confusion et d’autres dans la panique à cause de la menace du coronavirus qui s’est répandu dans le monde entier. Je pense pourtant qu’il ne devrait pas en être ainsi, puisque que tout ce que Dieu fait avec nous, Il le fait par amour. Le Dieu des chrétiens est un Dieu bon, un Dieu de pitié et de miséricorde, « Ami des hommes ». Dieu nous a créés de par Sa douce bonté afin de partager Sa vie et même Sa gloire avec nous. Lorsque nous sommes tombés dans le péché, Il a permis à la mort d’entrer dans notre vie, mais c’est encore une fois par bonté, afin que nous ne devenions pas immortels dans notre perversité, mais que nous recherchions une voie de salut. Malgré notre chute, Dieu n’a jamais cessé non seulement de nous procurer les biens matériels nécessaires pour perpétuer notre race, mais Il a aussi envoyé des prophètes et des justes, préparant Sa voie afin qu’Il puisse venir apporter une issue à notre tragédie et amener le salut éternel à travers la Croix et la Résurrection de Son inconcevable amour. Il est venu et Il a pris sur Lui la malédiction du péché, et Il a manifesté Son amour jusqu’à l’extrême : « Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, Il les aima jusqu’à l’extrême » (Jn 13, 1). Toutes les choses que Dieu a faites lorsqu’Il nous a créés, lorsqu’Il nous procure les biens nécessaires pour maintenir le monde, lorsqu’Il a préparé Son chemin pour qu’Il vienne sur terre, lorsqu’Il est venu en personne et a œuvré notre salut d’une manière si terrible, toutes ces choses, Il les a faites par pure bonté. Sa bonté est sans limite. Il nous sauve et Il attend avec longanimité jusqu’à ce que « nous parvenions à la connaissance de la vérité » (1 Tim 2, 4) et que nous offrions un vrai repentir, afin que nous puissions vivre avec Lui pour toute l’éternité. Ainsi, à toutes les étapes de Sa relation avec l’homme, notre Dieu ne montre que Sa bonté et Sa miséricorde « qui est meilleure que la vie » (Ps 63, 3). La bonté est Sa Nature et Il fait toute chose pour le bienfait et le salut de l’homme.

Par conséquent, lorsqu’Il reviendra pour juger le monde, est-ce que ce sera un Dieu différent qui jugera ? Ne sera-t-il pas le même Dieu de bonté, de pitié et de miséricorde, Qui est Ami des hommes ? Soyons assurés que nous ne paraîtrons devant aucun autre Dieu que Celui Qui nous a créés et sauvés. C’est donc avec la même miséricorde et le même amour qu’Il nous jugera. Pour cette raison, nous ne devrions ni paniquer ni être ébranlés, car ce sera le même Dieu qui nous accueillera dans l’autre vie et qui nous jugera avec la même bonté et la même compassion. Certains craignent que leur dernière heure soit venue. Ce fléau du coronavirus a un aspect positif : il nous laisse quelques semaines entre le moment où il nous assaille et notre fin. Nous pouvons donc consacrer ce temps à nous préparer pour notre rencontre avec Dieu, afin que notre départ n’arrive pas de manière inattendue et sans préparation, mais seulement après que, chaque fois que nous nous tenons en prière devant Dieu, nous ayons parcouru notre vie entière, – par moments en remerciant Dieu jusqu’à la fin pour tous Ses bienfaits, d’autres fois en se repentant et implorant le pardon de nos transgressions. Rien ne peut nous faire de mal avec un tel Dieu Qui permet toute chose de par Sa bonté. Nous devons simplement continuer de rendre grâce jusqu’au bout et garder l’humble prière de repentir pour le pardon de nos péchés.

En ce qui me concerne, ce fléau m’est profitable. J’ai la nostalgie de retrouver cette prière que j’avais auparavant, avec laquelle je puisse parcourir toute ma vie depuis ma naissance jusqu’à maintenant, rendant grâces à Dieu pour tous Ses bienfaits « connus ou ignorés », et aussi avec laquelle je puisse parcourir toute ma vie dans le repentir pour tous mes péchés et transgressions. C’est merveilleux de pouvoir retraverser sa vie en prière, amenant toute chose devant Dieu dans une prière persévérante. Nous ressentons alors que notre vie est rachetée. C’est pour cela que la situation actuelle m’aide vraiment : Je ne panique pas mais « je suis en souci à cause de mon péché » (Ps 38, 18).

Nous devons voir la bonté de Dieu dans toutes les choses qui se passent maintenant. Les Saints Pères ont vu Sa miséricorde. Une épidémie similaire s’est répandue dans le désert égyptien au IVème siècle, et a moissonné plus d’un tiers des moines. Les Pères d’alors disaient avec grande inspiration : « Dieu récolte les âmes des saints pour Son royaume », et ils ne furent pas ébranlés. Le Seigneur Lui-même parle dans l’Évangile à propos des derniers jours, des épreuves et des afflictions que traversera le monde avant Son Second Avènement. Pourtant, nous ne discernons ni tristesse morbide, ni désespoir dans Ses paroles. Le Seigneur Qui a prié au jardin de Gethsémani avec une sueur de sang pour le salut du monde entier, nous dit que lorsque nous verrons les terribles choses qui précèderont Son Second Avènement, nous devrions relever nos têtes avec inspiration, car notre rédemption s’approche (cf. Lc 21, 28). Certains me disent : « Que Dieu tende Sa main pour nous aider ». Mais ceci est précisément la main de Dieu. Il désire et œuvre notre salut « à maintes reprises et sous maintes formes » (cf. Hb 1, 1) : « Mon Père est à l’œuvre jusqu’à présent et j’œuvre moi aussi » (Jn 5, 17). Il se peut que ce virus soit un instrument que Dieu utilise afin que beaucoup reviennent à eux-mêmes et se repentent, et afin de moissonner de nombreuses âmes déjà prêtes pour Son Royaume. Par conséquent, pour ceux qui se livrent et se confient totalement à la Providence de Dieu, tout contribuera à leur bien : « Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu » (Rm 8, 28).

Il n’y a donc pas lieu d’être consternés et morbides. Nous ne devrions pas non plus nous opposer aux mesures prises par le gouvernement dans le but de restreindre la propagation des souffrances et afflictions qui affectent la vie de tant de personnes. On a tort d’aller à l’encontre des autorités. Nous devrions faire tout ce que le gouvernement exige, parce qu’il ne nous demande pas de renier notre foi, il nous demande simplement de prendre quelques mesures pour le bien-être et la santé de tous, pour que cette épreuve puisse passer ; et ce n’est pas du tout déraisonnable. Certains le prennent d’une manière trop confessionnelle. Ils érigent des drapeaux et jouent les martyrs et les confesseurs. Pour nous, il n’y a aucun doute : nous montrerons une totale soumission aux décisions du gouvernement. Ce n’est pas juste de leur désobéir, puisque si nous tombons malades, c’est à leurs hôpitaux que nous courons, et ce sont eux qui prennent en charge toutes nos dépenses et tous nos soins. Pourquoi ne pas les écouter ?

Ceci est l’éthos (l’esprit) du Christ que Dieu nous a montré durant Sa vie sur terre, et ceci est aussi le commandement apostolique que nous avons reçu : « Il faut être soumis aux magistrats et aux autorités, pratiquer l’obéissance, être prêt à toute œuvre bonne, ne dire du mal de personne, ne pas être querelleur, mais se montrer bienveillant, témoigner à tous les hommes une parfaite douceur. » (Tit 3, 1.2) ; et « Soyez soumis, à cause du Seigneur, à toute institution humaine : soit au roi, comme souverain… » (1 P 2, 13) Si nous n’obéissons pas à nos gouvernants, qui ne nous demandent pas beaucoup, comment obéirons-nous à Dieu, Qui nous donne une loi divine de loin plus sublime que toute loi humaine ? Si nous observons la loi de Dieu, nous sommes au-dessus des lois humaines, comme le disaient les apologistes du IIème siècle lors des persécutions des chrétiens sous l’Empire Romain. C’est étonnant de voir, dans le pays où nous vivons, le Royaume-Uni, que les footballeurs montrent tant de compréhension et de discernement, en étant les premiers à arrêter leurs activités avec docilité face aux indications du gouvernement de prendre des mesures préventives. Ce serait triste que nous, croyants, nous ne parvenions même pas à la mesure des footballeurs et ne montrions pas la même docilité envers les autorités pour lesquelles prie notre Église. Si nous sommes vraiment spirituels, nous devrions être capables d’apprendre des footballeurs l’attitude correcte, tout comme Saint Antoine apprit un plus haut niveau spirituel du cordonnier d’Alexandrie.

Si on nous demande de cesser les offices liturgiques de l’Église, soumettons-nous simplement et bénissons la Providence de Dieu. D’ailleurs, cela nous rappelle une ancienne tradition que les Pères avaient en Palestine : durant le Grand Carême, le jour du Dimanche de l’Exil d’Adam, après le pardon mutuel, ils s’en allaient vivre 40 jours dans le désert, sans Liturgie ; ils persévéraient seulement dans le jeûne et la prière afin de se préparer à retourner dans leur monastère le Dimanche des Rameaux, pour y célébrer avec une sainte piété la Passion et la Résurrection du Seigneur. Ainsi donc, les circonstances présentes nous obligent à revivre ce qui existait autrefois au sein de l’Église. C’est-à-dire qu’elles nous obligent à vivre une vie plus hésychaste, avec plus de prière, ce qui compensera l’absence de la Divine Liturgie, et qui nous préparera à célébrer avec un plus grand désir et une plus grande inspiration la Passion et la Résurrection du Seigneur Jésus. Nous transformerons ainsi ce fléau en un triomphe de l’hésychasme. En tout cas, quoi que Dieu permette dans notre vie, cela provient de Sa profonde bonté, en vue du bien-être de l’homme, car Il ne voudrait jamais que Sa créature soit blessée.

Si nous sommes privés de Liturgie pour un temps plus long, nous pourrons certainement l’endurer. Que recevons-nous dans la Liturgie ? Nous communions au Corps et au Sang du Christ qui sont emplis de Sa grâce. Ceci est pour nous un grand honneur et un grand bienfait, mais nous recevons également la grâce de Dieu de bien d’autres manières. Lorsque nous pratiquons la prière hésychaste, nous demeurons dans la Présence de Dieu, avec l’esprit (l’intellect) dans le cœur en invoquant le saint Nom du Christ. Le Nom Divin nous apporte la grâce du Christ parce qu’il est inséparable de Sa Personne, et nous conduit dans Sa présence. Cette Présence du Christ, est purifiante, elle nous lave de nos transgressions et de nos péchés, elle renouvelle et illumine notre cœur, afin que l’image du Christ notre Sauveur, puisse y être formée.

Si nous ne pouvons pas célébrer Pâques à l’Église, souvenons-nous que chaque contact avec le Christ est Pâques. Nous recevons la grâce lors de la Divine Liturgie parce que le Seigneur Jésus y est présent, c’est Lui Qui accomplit le sacrement, et c’est Lui Qui est communiqué aux croyants. Cependant, lorsque nous invoquons Son Nom, nous entrons dans cette même Présence du Christ, et nous recevons la même grâce. C’est pourquoi, si nous sommes privés de la Liturgie, nous avons toujours Son Nom, nous ne sommes pas privés du Seigneur. Plus encore, nous avons également Sa parole et particulièrement Son Évangile. Si Sa parole demeure constamment dans notre cœur, si nous l’étudions et la prions, si elle devient notre langue avec laquelle nous parlons à Dieu tout comme Lui-même nous a parlé à nous, là encore, nous aurons la grâce du Seigneur. Ses paroles sont des paroles de vie éternelle (Jn 6, 68), et le même mystère s’accomplit, nous recevons sa grâce et nous sommes sanctifiés.

En outre, chaque fois que nous manifestons de la bonté envers notre frère, cela plaît au Seigneur, Il considère que nous l’avons fait en Son Nom et Il nous en récompense. Nous manifestons de la bonté envers notre frère et le Seigneur nous récompense par Sa grâce : cela est une autre manière de vivre dans la Présence du Seigneur. Nous pouvons également recevoir la grâce du Seigneur par le jeûne, la charité et toute œuvre bonne. Alors, si nous sommes contraints de ne plus nous rassembler à l’Église, nous pouvons cependant être unis en esprit dans ces saintes vertus qui sont connues dans le Corps du Christ, Sa sainte Église, et qui préservent l’unité des fidèles avec le Christ et avec les autres membres de Son Corps. Toute ce que nous faisons pour Dieu est une Liturgie, car cela sert notre salut. La Liturgie est le grand événement de la vie de l’Église où les fidèles ont la possibilité d’échanger leur petite vie avec la vie infinie de Dieu. Cependant, la puissance de cet évènement dépend de notre préparation préalable, à travers toutes les choses que nous avons mentionnées, à travers la prière, les œuvres bonnes, le jeûne, l’amour du prochain, le repentir.

Ainsi, mes chers frères, il n’est pas nécessaire de faire des confessions héroïques contre le gouvernement à cause des mesures préventives qu’il prend pour le bien de la population. Nous ne devrions pas non plus tomber dans le désespoir, mais seulement « inventer » avec sagesse toute sorte de moyens de ne pas perdre notre communication vivante avec la Personne du Christ. Rien ne peut nous faire de mal, nous devons simplement être patients pendant un certain temps, et Dieu verra notre patience, Il ôtera tout obstacle, toute tentation, et nous verrons de nouveau l’aube de jours radieux, et nous célébrerons notre espérance commune et l’amour que nous avons dans le Christ Jésus notre Seigneur (cf. Rm 8, 39).

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Méditation par le diacre Dominique Beaufils - 22 mars 2020

A PROPOS DE LA PANDEMIE DE COVID 19


Nous vivons en ce moment une affection virale qui touche le monde entier. Nous sommes face à un virus, issu d’une mutation génétique dans la famille des coronavirus, dont on ne connaît pas la gravité, mais qui suit le parcours de tout virus : transcription – replication – diffusion, ou, en d’autres termes : copier-coller – impressions multiples – envois tous azimuts. Ce processus est connu de tous les virologues. En quelques semaines, ils ont décrypté le génome de ce virus, ouvrant la porte à l’espoir de création d’un vaccin. La diffusion, elle, est essentiellement le fait de l’homme, favorisée par la mondialisation, les transports intercontinentaux, mais aussi par un manque d’anticipation face à une virose qu’on ne connaissait pas jusque là, mais dont on pressentait cependant la gravité.

Ce n’est pas la première épidémie dans le monde. Est-elle la plus grave ? Il est trop tôt pour répondre. On sait que plus de 80% des cas sont bénins. La mortalité est difficilement appréciable. Elle semble particulièrement élevée là où l’on n’a testé que les cas graves (8,5% en Lombardie). Elle semble moindre là où l’on a testé tous les patients (moins de 1% en Corée du sud). Le nombre des morts augmente avec la diffusion du virus. Il ne peut être limité que si chacun prend conscience de sa responsabilité vis-à-vis de tous, tant par les « gestes barrière » que par un éloignement interpersonnel. Accepter cela, c’est aussi manifester amour et compassion pour nos frères. Il peut aussi s’aggraver en fonction de l’état dégradé des structures de santé, comme cela est depuis longtemps dénoncé. On sait que les plus exposées sont les personnes âgées, fragiles, déjà atteintes dans leur santé, mais aussi des plus jeunes, surtout si leur immunité est altérée.

Comme médecin, j’ai conscience de la gravité potentielle de cette crise. Mais, comme orthodoxe, je n’arrive pas à comprendre qu’on puisse la rapporter à un « châtiment » divin, à une « colère menaçante  qui nous fait périr », à un « fléau  qui nous frappe inutilement »… Où serait la justice d’un Dieu Qui, à cause de nos péchés, ferait périr avant tout les plus fragiles ? Nous confessons que Dieu est Amour. Saint Isaac le Syrien affirme que, « s’il y a l’Amour, il n’y a pas rétribution ; s’il y a rétribution, il n’y a pas l’Amour ». On ne peut être plus clair. Si nous confessons que Dieu est plénitude de miséricorde, comment peut-on alors parler de « châtiment »? Si nous croyons que cette crise est un « châtiment », comment pourrons-nous alors proclamer bientôt avec Saint Jean Chrysostome : « Que personne ne se lamente de ses fautes, car le pardon s’est levé du tombeau » ?

« Dieu n’a pas envoyé Son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par Lui ». Nous ne pouvons pas concevoir la « justice » divine comme la justice humaine, de nature pénale. Quelle est la nature de la Justice de Dieu ? Saint Isaac donne la réponse : « C’est nous qui avons péché, mais c’est Son Fils Unique Qui meurt sur la croix ». Il rachète sur la croix les péchés dont Il S’était chargé en Se plongeant dans le Jourdain. Cela éclaire Sa réponse à Saint Jean Baptiste : « C’est ainsi qu’il nous convient d’accomplir toute justice. » Voilà la Justice de Dieu. Elle est bien loin de tout châtiment !

On sait que la maladie et la mort sont liées à la faute ancestrale. Le livre de la Sagesse rappelle que « Dieu, Lui, n’a pas fait la mort… car Il a créé tous les êtres pour qu’ils subsistent… mais par la jalousie du diable, la mort est entrée dans le monde. » Et la prière eucharistique de la divine liturgie de Saint Basile précise : « Lorsque, par l’homme, le péché fut entré dans le monde, et par le péché, la mort… » Le péché, c’est celui de chacun de nous. La maladie et la mort n’en sont pas le « châtiment », mais la conséquence.

Que cette crise, survenant pendant le grand carême, nous aide à un authentique repentir ; que ce confinement nous permette d’être moins dans le monde et plus dans la prière, sur le chemin qui, au-delà de toute pandémie, nous mène à la Résurrection du Christ.

A Lui la gloire dans les siècles des siècles. Amen.

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Message du Patriarche Bartholomée - 20 mars 2020

A mes frères hiérarques et à mes enfants bien-aimés dans le Seigneur,

Depuis le Phanar, au cœur de la Reine des Villes, de la Cité de la Grande Église et de Sainte-Sophie, nous nous adressons à chacun d’entre vous – femmes, hommes et enfants – en raison des conditions et des épreuves sans précédent auxquelles nous sommes confrontés en tant qu’humanité du fait de la menace mondiale que représente la pandémie du nouveau coronavirus, appelé Covid-19.

La voix de l’Église, de l’Église mère, ne peut rester silencieuse en de telles circonstances. Nos propos prennent donc la forme que nous avons apprise à travers les âges : par la Liturgie et par la pédagogie, avec des mots d’encouragement et de consolation.

Nous remercions sincèrement tous ceux qui luttent avec abnégation, même en se sacrifiant eux-mêmes et en oubliant leur famille, notamment :

– Les professionnels médicaux et infirmiers qui sont en première ligne, aux côtés de nos frères et sœurs qui souffrent,

– les chercheurs et les scientifiques qui recherchent des médicaments et des vaccins appropriés pour nous délivrer de ce virus, mais aussi tous ceux qui travaillent activement à la lutte contre cette pandémie.

Leur contribution est inestimable. C’est une contribution à l’ensemble de la société. C’est un sacrifice qui mérite tous les égards et toute notre gratitude. Nous vous remercions et vous félicitons tous, non seulement depuis les fenêtres de nos maisons, mais aussi partout et à tout moment. Nos pensées et nos prières sont avec vous.

Dans cette lutte, nos États, gouvernements et autorités sanitaires compétents ont la responsabilité première de prévoir, d’affronter et de surmonter cette crise. Nous pourrions les décrire comme des commandants sur le champ de bataille contre un ennemi invisible, mais désormais bien connu. Un adversaire qui s’est retourné contre l’humanité.

Le poids de cette responsabilité, qu’ils portent sur leurs épaules, exige par conséquent notre coopération à tous. L’heure est à la responsabilité personnelle et collective.

C’est pourquoi, nos chers enfants, nous vous prions, en tant que votre père spirituel, de répondre fidèlement et patiemment à toutes les mesures difficiles mais nécessaires proposées par nos autorités sanitaires de nos pays. Tout est fait pour notre protection, pour notre bien commun, afin d’endiguer la propagation de ce virus. Notre libération de cette détresse dépend entièrement de notre propre coopération.

Certains d’entre vous ont peut-être estimé que ces mesures drastiques ébranlent ou blessent notre foi.

Mais ce qui est en jeu,

Ce n’est pas notre foi – ce sont nos fidèles.

Ce n’est pas le Christ – ce sont nos frères chrétiens.

Ce n’est pas l’Homme-Dieu – mais les êtres humains.

Notre foi est fermement enracinée dans les fondements de notre culture. Notre foi est une foi vivante, et aucune circonstance exceptionnelle ne peut la restreindre ou la faire disparaître. Ce qui doit être restreint et annulé dans ces circonstances extraordinaires, ce sont les rassemblements et les grandes assemblées de personnes. Restons dans nos maisons. Soyons prudents et protégeons ceux qui nous entourent. Et là, depuis nos maisons, renforcés par la force de notre unité spirituelle, que chacun d’entre nous prie pour toute l’humanité.

Nous traverserons cette période comme un chemin à travers le désert pour atteindre la Terre Promise, où la science, par la grâce de Dieu, viendra à bout de ce virus.

Nous sommes certains que, grâce à nos prières également, la science triomphera effectivement. Il est donc bon pour nous de rester unis en esprit, alors que nous continuerons la lutte du repentir et la sanctification.

Nous voyons nos voisins souffrir des conséquences du virus, alors que d’autres sont déjà tombés et ont disparu de notre monde. Notre Église espère et prie pour la guérison des malades, pour les âmes des défunts, et pour donner courage et force aux familles des affligés.

Cette épreuve, elle aussi, passera. Les nuages se dissiperont, et le Soleil de Justice éliminera les effets mortels du virus. Mais nos vies auront changé à jamais. Cette épreuve est l’occasion pour nous de changer pour le meilleur. Dans le sens du rétablissement de l’amour et de la solidarité.

Enfants bien-aimés dans le Seigneur, que la bénédiction du Seigneur, par les intercessions de la toute Sainte Mère de Dieu, nous accompagne dans notre périple, transforme notre isolement volontaire en une véritable communion, et constitue notre prière et notre but pour en comprendre le sens, afin que nous puissions revenir à ce qui est vrai, à ce qui plaît à Dieu !

Ayez du courage ! Et que Dieu soit avec nous !

43 avenue du Plessis  92290 Châtenay-Malabry  Station RER B : ROBINSON

       La chapelle orthodoxe est située au rez-de-jardin de l'église catholique Sainte-Bathilde

             

Patriarcat  Œcuménique - Métropole de France - Archevêque : Mgr Emmanuel

Vicariat de tradition russe "Sainte-Marie de Paris et Saint-Alexis le Juste"

Célébrations en français  consulter le calendrier des offices - calendrier grégorien (julien pour Pâques)
Recteur : Père Daniel
Le Père Jean* célèbre une fois par mois à Châtenay
Marguillier : Antoine Arjakovsky - Chef de chœur : Stéphane Bortoli (assisté de André Veriter) - Diacre : Dominique Beaufils

Jumelage

La paroisse de Châtenay-Malabry est jumelée avec la paroisse Saint-Alexis d'Ugine (*père Jean Catteloin)

10, rue de Rambouillet  78120 Clairefontaine

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Quelques paroisses orthodoxes à proximité 

Saint-Nicolas - 132 bis rue du Point-du-Jour 92100 Boulogne-Billancourt (slavon - calendrier julien)

Notre-Dame-du Signe - 87 Bd Exelmans 75016 Paris (slavon - calendrier julien)

Saint-Jean-le-Théologien - 45 rue de la Belgique 92190 Meudon (français - calendrier grégorien/julien pour Pâques)

Saint-Raphael, Nicolas et Irène - Foyer hellenique 15 petite voie des Vignes 92290 Châtenay-Malabry (grec - calendrier grégorien/julien pour Pâques)

Saint-Jean - 15 rue de Verdun 94230 Cachan (roumain - calendrier grégorien/julien pour Pâques)

NB  A la Cathédrale grecque, 7 rue Georges-Bizet à Paris, chaque samedi de 18h00 à 19h30 : Divine Liturgie en français.

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